Roland Barthes

" J'imagine une critique antistructurale ; elle ne chercherait pas l'ordre, mais le désordre de l’œuvre ; il lui suffirait pour cela de considérer toute œuvre comme une encyclopédie : chaque texte ne peut-il se définir par le nombre des objets disparates (de savoir, de sensualité) qu'il met en scène à l'aide de simples figures de contiguïté (métonymies et asyndètes) ? Comme encyclopédie l’œuvre exténue une liste d'objets hétéroclites, et cette liste est l'antistructure de l’œuvre, son obscure et folle polygraphie".

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" Mon discours contient beaucoup de notions couplées (dénotation /connotation, lisible/scriptible, écrivain /écrivant). Ces oppositions sont des artefacts : on emprunte à la science des manières conceptuelles, une énergie de classement : on vole un langage, sans cependant vouloir l'appliquer jusqu'au bout : impossible de dire : ceci est de la dénotation, ceci de la connotation, ou : un tel est écrivain, un tel écrivant, etc : l'opposition est frappée (comme une monnaie), mais on ne cherche pas à l'honorer. A quoi sert-elle donc ? Tout simplement à dire quelque chose : il est nécessaire de poser un paradigme pour produire un sens et pouvoir ensuite le dériver ".

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