Sommaire ou micro-synthèse



          Le titre de l’Essai Lui-Même,  « Automorphisme Permanent », indique le piétinement universel, incluant du coup, ce que l’on veut bien nommer l’univers proprement dit.


        C’est une composition présentant plusieurs thèmes chevauchés et intriqués, mais principalement emboîtés les uns dans les autres selon le principe des poupées-gigognes. Les deux thèmes dominants, les moins emboîtés, coextensifs, situés en haut de la hiérarchie, et qui, de loin submergent les autres, sont celui du Réel Instauré, ou mieux, de l’Essence Du Réel, mais aussi celui de la Pensée Complexe elle-même, enroulée sur son virtuel support, celui du fonctionnement de la Pensée donc, et de son extrême réflexivité, dont l’auteur est le spécialiste. Suivent ensuite des thèmes moins cadrés et plus dilués comme celui de l’omniprésence de la contradiction en tout lieu ou encore ceux à forte inflexion existentielle, voire nihiliste non violente, et ceux de la particularité paradoxale foisonnante.

        En chaque lieu, la réalité des choses, le réel, les panoramas qu’il offre, sont ambigus, volatiles, fuyants ; à quelques très rares exceptions près, l’auteur ne croit fondamentalement pas en la valeur de vérité du Réel telle qu’elle est actée par nos contemporains, il ne croit pas non plus en les termes du point de vue fixiste qui se résume en un simple clin d’œil vers l’Instant mais ignore superbement les Invariants sur la Durée Cosmique, qualifiés aussi d’Intemporels. Il explique le pourquoi dans toute sa complexité ou dans ses multiples et foisonnantes indexations topographiques ; pour se  faire, il construit un argumentaire selon une texture elle-même fuyante et floue, puisque cet argumentaire fait partie de la « réalité » des choses situées dans le Sujet-Monde ou de la Totalité perceptible et appréhendable par le Sujet, Sujet sans lequel « la réalité des choses », ainsi que l’Objet, concrètement, n’existeraient pas, étant entendu, on l’aura bien compris, que l’auteur parle de la Vie-Monde et se refuse catégoriquement à envisager un « Monde Construit » préexistant au Sujet lui-même, résolvant du même coup, la devinette de la poule et de l’œuf et les prérogatives en général.

        On aboutit finalement à la conclusion que le Réel est une méta fiction, voire une fiction d’ultima niveau, couvrant à chaque seconde, tout le champ de l’observation, à la décimale près, à l’exception de la notion de doute, qui elle, ne se laisse pas contraindre.


         Ce qui nous paraît vraiment intéressant, c’est d’essayer de comprendre par quel mécanisme Guy Paradoxe parvient à ce scénario, à ce syncrétisme à dominante ontique, contre toute attente très construit, l’auteur ayant intégré un recul colossal sur les choses, d’essayer de comprendre la modalité exacte de ce scénario, en somme. En tout état de cause, cela ne peut intéresser qu’un lecteur très cérébral et plutôt à l’aise avec les représentations fortement abstraites placées en surimpression de la discipline philosophique elle-même déjà réputée abstraite par rapport à la pensée ordinaire.

        Il nous paraît intéressant de s’attacher à comprendre comment, par sa rareté ou son extrême originalité confinant au chef d’œuvre, une forme expressive à la fois très allusive, contorsionnée et baroque, une poétique faite de touches allusives successives, étirées et chevauchées sur la durée de 135 pages, parvient, à un résultat discursif synonyme de raison raisonnante ou de raisonnement analogique pour, en fin de compte, promouvoir la Puissance De l’Idée qui s’en dégage.

        Sans doute n’existe-t-il, là encore, sans jeu de mots, aucune frontière entre le raisonnement analogique et l’expression de langue de type métaphorique ; il doit y avoir de fortes zones de recoupement presque invisibles entre ces deux pôles, probablement liées, elles, à un Indépassable De l’Esprit Humain, tous génies et visionnaires confondus, de fortes zones de recoupement donc, instaurant une continuité de perception sans doute liée à la structure ultime, bien qu’indéfinissable, de ce mixte qu’est la Pensée Sur Les Choses chargée d’émotions invisibles, de ce que nous pourrions aussi appeler, l’Hétérogène Fonction Concevante, cette incontournable folie d’Homo Intellectus.

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