Guy Paradoxe

Depuis l'heureux promontoire de cette désignation outrancière par la simplicité expéditive, de ce vaste imbroglio apparent placé à la croisée, justement sillonné de multiples voies d'accès, parfaitement calibrées pour servir leurs ramifications réciproques, imbroglio apparent construit sur un coin de parchemin, avec la minutie d'ordinaire réservée à un palace flottant cintré de parois en cristal afin d'amadouer la fascination, hybride-bloc saturé du principe anastomosant au cœur duquel les contraires sans cesse faseyants basculent en synergie leur polarité, où les deux grandes afférences y conduisant ont permuté leur rôle principal, où le fonctionnement de type associatif ou en réseau endosse cette fois-ci jusqu'à la caricature le vêtement de la forme, pendant que de son côté, son opposé nettement schématique, l'ordre hiérarchisé, se déguise lui, en exclusif pilote de la lourde entreprise, depuis cet heureux promontoire donc, d'habitude propice à l'observation, allez savoir quelle part pour l'élaboration, sans interférence aucune, relève vraiment du mode dit déclaratif, soit alors pour les vertus qu'on veut bien lui attribuer, et quelle part appartient en propre au mode dit procédural, pour les mêmes raisons ? Trop de contradictions sont à l'œuvre au centre " des choses " ! Trop de chapelles soucieuses de leur devenir s'accrochent à leurs très embryonnaires parcelles de vérité comme teigne sur la tête d'un pouilleux ! Refera-t-on le Monde comme ces millions de tentatives pour reproduire le même scénario ?.. Bien sûr que non ! Et l'indistinction continuera de prospérer, de prévaloir jusqu'aux frontières de l'infini sans frontière. 
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Pour pouvoir dire que deux éléments sont de même nature, répondre ainsi à un embryon de cette uniformité tant convoitée, il faudrait pouvoir affirmer de façon certaine, intime ou exacerbée, que l'ensemble des propriétés, des caractères qui respectivement les définissent et les englobent dans un même genre, ne sont pas arbitraires, n'ont pas été finalement choisis ( à partir d'un amont illusoire et sans cesse repoussé vers des limites rectifiées, plus lointaines ) pour satisfaire le besoin inné, et donc utopique, des typologies selon les internes hiérarchies dégradées qu'on leur connaît. Et cette incertitude ou incapacité chronique à aller jusqu'au bout de la vérité, indique pourquoi 1 + 1 n'est jamais égal à 2, puisque par atavisme 1 ne peut déjà pas s'associer à 1 ; l'addition n'a pas de sens en elle-même, y compris dans la logique la plus évidente de par son immédiateté : une pomme par exemple, n'a jamais les rigoureuses caractéristiques d'une autre pomme pour pouvoir atteindre l'égalité absolue avec elle.

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Partant de mon strict anonymat, j'avais misé sur la légendaire et transfrontière ouverture d'esprit des milieux imbibés de grande culture, soigneusement imprégnés des plus beaux raffinements selon Saint Luc. On m'avait vanté leur puissante prédilection pour l'éclectisme en matière artistique, leur peu d'enthousiasme pour le dogmatisme de caste ; aussi, en joyeux blanc-bec aveuglément confiant, peu enclin aux coups tordus de surcroît, mais en farouche adversaire des auditions-ruches de Broadway par la même occasion, j'exposais ma tournure quelque peu ciselée, excentrique ou exubérante dans des limites maîtrisées, alambiquée comme le sont tout naturellement les entrailles d'une sonde interplanétaire, je présentais mes manuscrits de conception parfaitement baroque dans la plus pure tradition d'esthétique générale établie par les historiens de l'art au début du siècle dernier. C'était sans compter avec les vieux réflexes, la vicelardise clanique veillant jalousement sur son pré carré, les féroces ruades conservatrices, l'extrême réticence de l'édition hexagonale, toutes tendances idéologiques confondues, pour tout ce qui n'est pas expéditif, télégraphique, lisse comme boule de billard…cadré à la rantanplan, ou durement formaté à l'image de ce qui prévaut depuis toujours au sein de l'Université, pour tout ce qui bien sûr, ne peut alimenter les potins de la commère, bref, tout ce qui, en somme, n'est pas politiquement correct… la fameuse exception française, voyez-vous, obsédée de plein classicisme… autrement dit, de cubisme fort pratique pour conforter les précieux rythmes biologiques et les cervelles qui vont avec. Un tir de barrage en plus pour qui n'est pas copieusement coopté par les mages de ce côté-ci du géosynclinal, et dont le plus clair effet est de vous détacher de ce " nombril du monde ", de vous rapprocher un peu plus, par le cœur, du berceau transalpin de votre style littéraire, nettement plus conforme, lui, au Vécu à l'état brut ou encore à sa plus proche confusion, l'Univers Entier, Sujet-objet ô combien multidimensionnel et capricieux par excellence, nettement plus anarchique avec ses étapes sans échelonnement vrai, ignorant l'isolation de la bribe par son extirpation définitive de CE QUI FAIT LE RESTE ; puisque l'Un comme entier n'est jamais l'Un Du TOUT, s'agissant surtout de l'Univers Entier comme substitut total du Vécu circonvolutif, mais seulement alors si l'on veut bien qu'il y ait un reste, ce qui est plus discutable lorsque le vécu reprend le dessus sur son substitut.

Comme ses chères consoeurs, cette petite réflexion placée en avant-première, ne fait que s'inscrire dans le schème moteur dominant et presque exclusif d'une certaine pensée catégoriale, de très loin la plus répandue donc, à cent mille contre un peut-être ; elle n'est que le moyen nécessaire, indispensable et précurseur pour engager une communication, mais en rien le lieu inadvertant pour se déjuger sur le fond.

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