97. L' Avant et l' Après sont d' Essence Indéterminée.

        



              L’Avant et l’Après ont perdu leur sens habituel.



          On dit à qui veut l’entendre que l’Homme fait partie de l’Univers, qu’il y est contenu au même titre que n’importe quel autre objet. Le sens commun est persuadé de la véracité absolue de ce constat. Les scientifiques des sciences dites dures mais aussi une grande majorité des philosophes adeptes de la matérialité ou de l’objet concret bien palpable, voire de la substance, pourvu que celle-ci ne soit pas liée au Principe Abstrait, reconnu à son tour par quelques uns comme relevant de la véritable pertinence concrète qui vaille absolument, y adhèrent aussi.

          Cependant si on remonte très très loin en amont vers les sources premières de la vie, ou les balbutiements du vivant, à travers des éléments de plus en plus primitifs, élémentaires, rustiques, transitoires et jonctionnels, on aboutit, de proche en proche, au point ultime de jonction entre l’Inerte et l’Animé, et alors on est dans l’incapacité absolue d’attribuer une détermination à l’un comme à l’autre principe, on est dans l’impossibilité totale de dire ce qui différencie la matière inerte de la matière vivante ou animée. On tombe irrémédiablement dans la confusion, dans l’impossibilité absolue de dire ce qu’est ou ce qui définit le règne animal et végétal d’un côté, le règne minéral de l’autre.

          A cet instant, l’Avant et l’Après ont perdu leur sens. On ne peut plus dire que Le Monde Du Vivant est issu du Monde Matériel et Inerte. On ne peut plus dire que la Terre et l’Univers préexistaient aux premières briques du Vivant lorsqu'elles se sont formées. L’Avant et l’Après n’ont plus de sens. Du coup, on ne peut plus dire que l’Homme est totalement incrusté dans le Cosmos.

          C’est là le sens  de notre croyance très enracinée selon laquelle, l’entendement humain, en tant qu’il est lui-même le fruit de l’évolution des espèces, est plutôt extérieur au cosmos puisqu'il permet de penser et de disséquer ce dernier, autrement dit il permet de lui donner un contenu, ainsi qu’à tous les objets qui le peuplent.

          Or, non seulement le Cosmos ne préexiste pas à l’entendement, mais c’est au contraire ce dernier qui, depuis un simple quelque chose d’informe supposé, le fabrique et le construit en lui donnant une consistance sans cesse renouvelée, sans cesse décalée ou réajustée.

                                            
                                                                                          Guy Paradoxe

                                                                                                  Rédigé en 2016
                                                                                                                                                         




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